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Le bienheureux Guillaume Cervoisier ou Le Servoisier (1527-1562)

Histoire écrite au XIXe siècle par l’abbé Adam.

Mots clefs : Généalogie  , Histoire 

Avertissement

Le contenu de cette page est tiré d’un ouvrage de l’abbé Adam, sur la ville de Valognes, p. 63-77. Bien que l’auteur veuille rapporter des faits connus et pour la plupart authentifiés par ailleurs, il ne fait pas pour autant œuvre d’historien. On notera une certaine exaltation dans ce texte qui n’est pas étrangère à celle qui doit bien évidemment pousser tout prêtre, a fortiori s’il est curé d’une paroisse, à montrer l’exemple fort qui doit édifier les ouailles. Le contexte religieux du XIXe siècle français doit donc être présent à l’esprit du lecteur afin de bien faire la part entre le récit et l’histoire.

Ce qui nous intéresse, dans ce récit, c’est l’histoire de ce bienheureux Guillaume, dont Leservoisier.com s’attribue le cousinage même si aucun texte ne nous permet de le relier à notre généalogie actuelle. Il appartenait, croyons-nous, à une branche de la famille située aux frontières de la petite noblesse, la branche de la Maloiselière, mais sans pouvoir le prouver.

Il ne reste rien aujourd’hui du couvent et du tombeau du bienheureux, à l’exception d’un dessin qui représente son gisant, détruit à l’époque de la Révolution.

N. Lecervoisier, historien


Le bienheureux Guillaume

par l’abbé Adam.

"Né à Congerville [1] au diocèse de Coutances [2], en 1527. Vicaire au couvent des Cordeliers de Valognes où il fut martyrisé par les huguenots, après avoir consommé les saintes hosties, le 18 juin 1562, la treizième de sa profession et la trente-cinquième de son âge.

Protestants et catholiques à Valognes en 1562

[N.D.L.R. : pour connaître la cause et le déroulement des guerres de Religions, voy. notamment le [site].]

Jusqu’au 15 juin, les catholiques furent maîtres de la ville. À cette date, les deux MM. de Sainte-Marie, protestants, partis de Saint-Lô ou du Bessin [3], s’emparèrent de Montebourg et se présentèrent, à six heures du soir, devant Valognes, avec une troupe de 700 cavaliers.

Le 17 juin, il furent rejoints par le fameux capitaine François Le Clerc, dit Jambe-de-Bois, de Réville, qui amenait de Caen 1500 hommes, deux grosses couleuvrines et des munitions. M. de Sainte-Marie d’Agneaux fut détaché avec 500 bretons et le capitaine La Fontaine, de Saint-Lô, pour aller chercher du canon au fort de Tatihou [4]. Il s’empara du fort, et en revenant, pilla le château de Lestre, qui appartenait au sieur Dursus.

Le siège de Valognes fut entrepris.

Pendant ce temps, M. de Matignon (catholique) n’était pas resté inactif. Arrivé le 16 juin devant Cherbourg avec environs 150 chevaux, il coucha à l’abbaye Notre-Dame du Vœu, car les habitants avaient refusé de lui ouvrir leurs portes. Puis il convoqua les milices du pays et se mit en route. Le 18, il coucha à Brix.

Ce même jour, les huguenots avaient pénétré dans Valognes, et y avaient exercé de terribles vengeances. Le couvent des Cordeliers fut saccagé ; l’église, dédiée à saint Louis, roi de France, fut convertie en écurie. Dans le sanctuaire, les insurgés massacrèrent le bienheureux Guillaume Cervoisier, vicaire du couvent, qui avait consommé les hosties consacrées et caché les vases sacrés pour les soustraire à toute profanation, ainsi que nous le relaterons dans les pages suivantes (voy. ci-dessous).

Le culte catholique fut interdit : un seul prêtre, messire Robert Abaquesné, chapelain de l’hôtel-Dieu, fur autorisé à dire la messe.

Dans la nuit du 19 juin, Matignon parvint à s’établir dans la partie de la ville où était le logis de l’évêque (enclos du séminaire) [5] et s’y retrancha. Il avait avec lui le capitaine Villarmois qui tenta une attache contre Sainte-Marie d’Aigneaux ; elle fut repoussée et les maisons voisines furent incendiées.

Les trois partis qui luttaient dans le Cotentin étaient donc en présence à Valognes : dans le château [6], les catholiques ; en dehors, leur chef, Matignon, lieutenant du roi [7], venant à leur aide ; les protestants, maîtres de la ville et assiégeant le château ; et enfin le gouverneur de la Normandie, représenté par ses capitaines, ayant la mission de réprimer, au nom du roi, les excès des catholiques et prenant néanmoins pour auxiliaires les deux chefs les plus ardents de ces mêmes protestants qui avaient commis des violences tout aussi graves que leurs adversaires.

Cette situation singulière résultait en majeure partie de la politique de la Bascule du duc de Bouillon ; elle ne pouvait se dénouer que par une transaction. Matignon le comprit. Le château capitula et fut remis le 20 juin au lieutenant du duc de Bouillon. Le duc arriva en personne huit jours après, accompagné de trois conseillers du présidial de Saint-Lô, de l’avocat du roi, de deux personnages de la religion prétendue réformée. Il voulait informer contre les séditieux. Selon l’expression de Théodore de Bèze, l’affaire resta « pendue au croc ».

Toutefois, on remplaça le sieur de Cartot par le sieur de Gourbesville-Mucy, et les huguenots purent continuer pendant quelques mois encore l’exercice toléré de leur culte [8].

Un peu plus tard, le château fut rendu par la garnison que le duc de Bouillon y avait placée, et le lieutenant du bailli, nommé Le Bastard, exerça sur les protestants de ville de sanglantes représailles [9].


Le bienheureux Guillaume Cervoisier, martyr de la Sainte Eucharistie

La mort de ce prêtre mérite d’être racontée avec quelques détails [10].

On se souvient que le 7 juin, la victoire était restée aux catholiques, mais les cordeliers devaient la payer cher. On n’ignorait pas, dans le parti des huguenots, que si ces dignes fils de saint François d’Assise n’avaient rien fait pour provoquer la terrible échauffourée du 7 juin, c’était du moins à leurs prédications et à leur zèle apostolique que la masse du peuple devait son attachement à la saine doctrine et par suite de son ardeur à défendre ses croyances.

Les huguenots se promirent d’organiser une revanche éclatante. Elle ne se fit pas attendre. Le jeudi 17 juin, tous les huguenots du pays, renforcés de nombreux aventuriers et conduits par quelques gentilshommes, ardents partisans de Calvin, marchèrent sur Valognes, surprirent la ville et y pénétrèrent sans résistance. L’église paroissiale Saint-Malo fut d’abord profanée et ravagée, mais c’était surtout pour les cordeliers que les hérétiques réservaient leur colère.

Les religieux ne songèrent pas à soutenir un siège ; aussi pas d’hommes d’armes autour du monastère ! pas de fortifications ! pas de travaux de défense ! La grande porte était fermée ; par ailleurs, nul signe de résistance ; au dedans régnait le silence habituel de la sainte maison : le silence de la prière et du recueillement.

Les protestants s’enhardissent, et, leur audace croissant avec l’absence du danger, la porte est enfoncée, les gonds arrachés, le monastère envahi. Déjà se font entendre les vociférations de la multitude, et l’antique écho du cloître, habitué depuis un siècle à ne répéter que les louanges du Seigneur, redit aujourd’hui d’épouvantables blasphèmes. Encore quelques instants et les fils de Calvin, faisant irruption dans le sanctuaire, auront porté leurs mains sacrilèges sur le saint Tabernacle ! Mais s’il est dans les desseins de Dieu qu’il existe des méchants sur la terre, il est aussi dans les voies de son admirable Providence qu’à côté du méchant un juste paraisse toujours pour contrebalancer le mal par le bien.

À Valognes, au couvent des cordeliers, en ce moment douloureux où le Corps de l’Homme-Dieu va tomber sous la main des hérétiques et servir de jouet à leur rage impie, le Ciel a désigné l’homme qui préviendra [11] par son dévouement la plus horrible des profanations. Cet homme est un moine, un pauvre cordelier, simple et pieux vicaire de la maison, peu connu jusqu’alors, mais que l’amour divin va transformer en confesseur intrépide, en martyr de la Sainte Eucharistie. Ce moine, qui est dans la treizième année de sa profession religieuse et dans la trente-cinquième de son âge, s’appelle Guillaume le Cervoisier.

Comme les autres religieux, il avait vu le cloître envahi par une multitude furieuse ; comme eux, il avait entendu ces forcenés proférer ces cris de mort et d’affreuses imprécations ; comme eux, il avait compris qu’on en voulait à leur vie, qu’on en voulait à leur Dieu...

Tout le monde avait fui le couvent, mais lui ne le pouvait ni ne le voulait ; avant de songer à la conservation de ses jours, il avait un devoir à remplir : vicaire de la maison, il devait, avant tout et malgré tout, soustraire à la profanation l’auguste sacrement de l’autel [12].

Il courut à la chapelle du couvent et s’y enferma. L’ennemi grondait au dehors ; pour pénétrer en ce lieu, les furieux n’avaient qu’un seul obstacle à renverser, une simple porte à briser. Alors, c’en était fait du moine : Guillaume Le Servoisier, pris en défendant son Dieu, sa mort était inévitable. Mais à la Foi, pas d’entraves possibles ! à l’amour, pas de difficultés, pas de chaînes capables de l’intimider ou de l’arrêter.

Frère Guillaume sait le danger qu’il court ; mais sa vie n’est pas à lui : son corps, son souffle, tout son être appartient à Dieu. Sans calculer, sans balancer, calme, intrépide, héroïque, il se rend à l’autel, ouvre le tabernacle et prend le saint ciboire. Au même instant, la porte vole en éclats et les huguenots se précipitent dans le sanctuaire. À la vue du prêtre, un sentiment indicible d’exaspération les saisit. Ainsi donc ils ne pourront pas se jouer des Saintes Espèces. Ils sont accourus dans cet espoir, et voilà qu’un moine ose se placer entre eux et ce suprême objet de leurs sacrilèges desseins :

- « Arrête ! crient les furieux, arrête ! ou tu vas mourir ! »

En ce même temps, les épées s’agitent et se tournent vers lui. Mais Guillaume a fait son choix : mieux vaut le martyre qu’une vie souillée par le remords d’avoir laisser profaner l’Eucharistie ! Prompt comme l’éclair, il ouvre le ciboire, et consommant les saintes hosties, sa poitrine devint leur tabernacle vivant.


Aussitôt s’élève du milieu des huguenots un cri de stupeur et de colère, puis la foule se rue sur le prêtre, frappe sans pitié, sans relâche.


Enfin, la victime est tombée ; le crime est consommé ; les calvinistes ont commis un nouveau forfait, mais la foi chrétienne se glorifie d’un confesseur de plus, et Valognes peut s’honorer d’avoir produit un martyr de la sainte Eucharistie.

Grâce à Guillaume le Cervoisier, les protestants n’ont pu violer la sainteté des tabernacles ; mais ils vont s’en dédommager en saccageant l’église et le monastère. Rien ne leur échappe, rien n’arrête leur fièvre de destruction. Dans leur fureur, ils s’en prennent aux morts eux-mêmes, arrachent les pierres tombales, martèlent les statuettes et les figures qui les décorent, effacent les inscriptions, et voudraient faire disparaître jusqu’à l’emplacement des sépultures. Ainsi fut détruit et ruiné sans retour le beau monument érigé dans le chœur sur les reste de l’amiral de Bourbon, fondateur du couvent.

Destructions opérées par les huguenots

Après les tombeaux, vint le tour des statues et des peintures. Le retable du maître-autel, admirable travail, est réduit en pièces. Les tableaux de saint Louis, patron de l’église conventuelle, de la Résurrection de Notre-Seigneur et de Notre-Dame des Anges, sont lacérés et brisés. Les statues de saint Michel, de saint Joseph, de saint Jérôme et de plusieurs autres saints sont renversées et détruites. Des nappes brochées d’or, des rideaux d’un tissu précieux, des coffres remplis d’ornements sacrés, un calice d’argent merveilleusement ciselé, le magnifique tapis fleurdelisé donné par Louis de Bourbon, tous les livres d’office, « lutrins, missels, psautiers, légendiers, processionnaires et martyrologes », en un mot, tout ce qui peut être détruit tombe sous le marteau de ces autres vandales, tout ce qui peut être pillé va rejoindre dans leurs trésors les objets déjà volés.

Dans l’église, les huguenots se portent à la bibliothèque. Ils y déchirent, mutilent et dispersent un grand nombre d’in-folio, chefs-d’œuvre de reliure et d’imprimerie, dus pour la plupart aux presses des Estienne, des Elzevirs ou d’Ulrich Gering. En même temps disparaissent un nombre plus considérable encore de manuscrits et de parchemins du Moyen Âge, œuvres des copistes habiles et monuments d’une autre civilisation : perte fort regrettable, car elle prive la postérité de documents très précieux au double point de vue de l’histoire et de la littérature. Enfin, las de piller, fatigués de leur journée, chargés de butin, les huguenots se retirent ; mais, en se retirant, ils passent par le cimetière des moines, abattent les petites croix noires qui se dressent sur le champ du repos, et, dernière profanation, renversent le Christ de granit dont l’image désolée dominait la demeure des morts.

Le 13 novembre 1562, le lieutenant de la vicomté de Valognes constata dans un curieux procès-verbal, que nous a conservé Mangon du Houguet, l’état déplorable dans lequel les huguenots avaient laissé le couvent [13].

Les dégâts s’élevaient à 5700 livres tournois, somme considérable pour une époque où nous voyons un cheval estimé un cheval 10 écus, un âne 15 livres, le boisseau de froment 12 sous 6 deniers et le tonneau de cidre 10 livres.

Bienheureux...

Disons, pour compléter notre récit, que le supérieur général des cordeliers, François de Gonzague, inscrivit Guillaume le Servoisier au martyrologe de l’Ordre avec le titre de bienheureux [14].

Les huguenots, enivrés de leur victoire sur les moines sans défense, établirent un corps de garde et des écuries dans l’église ravagée. Jusqu’au mois de novembre suivant, force fut aux cordeliers de leur céder la place tout en subissant chaque jour de leur part mille outrages et mille vexations.

Quand les religieux purent enfin relever la communauté, leur premier soin fut d’inhumer le Père Le Servoisier à côté de l’autel même qu’il avait défendu jusqu’à l’effusion de son sang [15]. Bientôt la voix populaire donna l’appellation de bienheureux à ce prêtre qui avait montré tant d’héroïsme.

Son tombeau, surmonté de sa statue couchée, devint promptement un but de pèlerinage. Les mères venaient surtout y apporter leurs petits enfants malades ou trop lents à se développer. Ce fut seulement à la Révolution que l’on cessa de vénérer le martyr de Jésus-Eucharistie.

Comme tous les autres religieux, les cordeliers de Valognes furent dispersés au nom de la liberté, et, le 12 août 1791, leur couvent, déclaré bien national, fut vendu au prix de 23250 francs (de l’époque). Les bâtiments claustraux, successivement transformés en caserne et en manufacture, finirent par être complétement démolis vers 1840, et la charrue passa sur l’emplacement de l’église.

[...] Dessin conservé à la Bibliothèque nationale de France. Photo Dr Hugues Plaideux, que nous remiercions chaleureusement.

Annexe

Note sur le couvent des cordeliers de Valognes

par l’abbé Jean Canu

« Le premier couvent, bâti à Valognes en 1468, accueillit les cordeliers ou franciscains venus des îles Saint-Marcouf, en face de Quinéville. Le terrain leur fut offert par les barons de la Luthumière, seigneurs de Brix et d’Yvetot-Bocage, ancêtres des princes de Monaco. Plusieurs autres seigneurs, dont Thomas de Clamorgan, seigneur de Saint-Pierre-Église, leur firent des donations. Une grande et belle église dédiée à saint Louis fut bénite le 9 mars 1479 et agrandie en 1701.

« À plusieurs reprises, le couvent aussi fut agrandi : en 1479, grâce aux libéralités de Louis, bâtard de Bourbon, amiral de France (mort en 1486) dont l’épouse Jeanne de Valois, fille naturelle de Louis XI, était « dame de Valognes » ; en 1520 par les dons du bailli de Fécamp, Philippe Brisset, et du vicomte de Valognes, Thomas Laguette ; enfin en 1586 par Jean de Ravalet de Tourlaville, abbé de Hambye, après les guerres de Religions qui dévastèrent la maisons en juin 1562 et dont fut victime le vicaire du couvent, le bienheureux Guillaume Cervoisier. Les barons de la Luthumière renouvelèrent la générosité de leurs ancêtres en 1616 ; enfin, en 1699, Pierre Mangon du Houguet, vicomte de Valognes, contribua à l’embellissement du monastère.

« Après avoir abrité plus de quarante religieux adonnés à la prédication, le couvent se dépeupla aux approches de la Révolution. Les neuf survivants en furent chassés en 1791 et les bâtiments furent vendue. Ils servirent d’abord de carrière, en particulier la chapelle qui fut rasée ; ce qui en restait en 1830 fut acheté par des religieuses carmélites anglaises venues de Belgique. Elles y restèrent jusqu’en 1871, date à laquelle les sœurs du Refuge l’achetèrent pour agrandir leur maison. »

Art de Basse-Normandie, p. 29.

Notes :

[1] Ancien nom de lieu dont le nom moderne n’est pas connu. Les sources disent en effet que le bienheureux Guillaume Le Servoisier naquit « in pago Congervillae », au diocèse de Coutances. Je n’ai pu (écrit l’abbé Adam) arriver à savoir où se trouve de lieu-dit (peut être non loin de Villedieu), bien que je me sois adressé à plusieurs érudits en renom, entr’autres à M. Léopold Delisle. D’autres seront peut-être plus heureux.

[2] Note de Leservoisier.com : C’est-à-dire dans l’ancien diocèse de Coutances, dont la limite sud était la rivière du Thar, qui va de Saint-Pair-sur-Mer à Villedieu-les-Poêles, puis une ligne qui continuait jusqu’à Vire par Saint-Sever-Calvados ; la limite orientale était la Vire, depuis les environs de Vire jusqu’à son embouchure dans la baie des Veys.

[3] N.D.L.R. : Région de Bayeux, à l’est de la Vire.

[4] N.D.L.R., Il s’agit d’un fort antérieur à celui constuit par Vauban, que l’on peut aujourd’hui visiter.

[5] N.D.L.R : Aujourd’hui Lycée public Henri-Cornat.

[6] N.D.L.R. : Il a été démoli au XVIIe siècle.

[7] N.D.L.R. : À l’époque, le roi de France était le jeune Charles IX ; la régence et donc le gouvernement du royaume était dans la main de sa mère, Catherine de Médicis, veuve de Henri II.

[8] Voy. Journal de Gilles de Gouberville, éd. des Champs, t.III, p. 790-795.

[9] Voy. Journal de Gilles de Gouberville, éd. des Champs, t.III, p.. ; et Théodore de Bèze, t. II, p. 441.

[10] Voy. Benoit, « Les cordeliers de Valognes (1477-1790) », dans les Mémoires de la Société archéologique de Valognes, 1887, t. IV, p. 45 et 46. - Wadding, Annales franciscaines ; Martyrolgium franciscannum, fol. 265, 14e vol. : 18 junii ; on y lit : « Valloniis in territorio Constantiensi : beati Guillelmi Servaserii martyris, qui effuso sanguine veritatem catholicae fidei consignavit », i.e. « Le 18 juin, à Valognes dans le Cotentin, martyr du bienheureux Guillaume Le Servoisier, qui attesta la vérité de la foi catholique par le versement de son sang. » - De Thou, Histoire universelle (en latin), t. I, p. xxx. - Abbé Adam, Notice sur le culte de la sainte Eucharistie à Valognes, p. 27-33.

[11] N.D.L.R., empêchera.

[12] N.D.L.R., i.e. les hosties consacrées.

[13] Pierre Mangon du Houguet, Mémoire sur Valognes, manuscrit conservé à la Bibliothèque municipale de Valognes, voir les ff. 331 et suivants. On y trouve en outre les noms des 30 cordeliers de Valognes au 28 janvier 1586.

[14] N.D.L.R., Le privilège de canonisation appartient exclusivement au pape depuis le XIIe siècle, mais non la béatification. Mais depuis 1634, les procédures ont toutes été centralisées au Vatican, et seul le pape peut aujourd’hui prononcer la béatification et la canonisation d’un chrétien. La béatification du bienheureux Guillaume, prononcée par le supérieur des Franciscains mineurs est donc parfaitement valide. Elle a dû faire suite à une indispensable enquête. Toutefois, elle n’est pas reconnue à titre universel, mais simplement chez les Franciscains.

[15] Dans la suite, il fut inhumé et transporté dans la chapelle de Notre-Dame, en ladite église des cordeliers, dans un tombeau au-dessus duquel était écrit, au bas d’un tableau : Haereseos rabies Servoisierum impia caedit, In caelum ut redeat mens renovenda piam. C’est du moins ce que je crois pouvoir lire sur un très vieux recueil des « Inscriptions de Valognes » ayant appartenu à M. Fafin, pharmacien.